Le patrimoine thermal de Bains-les-Bains : un héritage délicat à préserver
Implantées dès la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu’aux années 1930, les villas thermales de Bains-les-Bains accompagnaient l’essor de la station, dont la fréquentation était portée par une clientèle bourgeoise parisienne, strasbourgeoise ou lyonnaise. Ces maisons, souvent construites par des architectes locaux (dont Hector Léger ou Jacques Oberthur, selon les archives communales), abritaient curistes, médecins ou notables en résidence saisonnière.
On dénombre aujourd’hui une vingtaine de villas thermales encore visibles, même si leur nombre exact dépend du périmètre retenu. Elles séduisent par leur diversité stylistique : néo-classicisme, art nouveau, inspirations balnéaires, détails de ferronnerie ou mosaïques (voir le recensement du ministère de la Culture sur POP). Pourtant, nombre d’entre elles affichent des signes de vieillissement : façades effritées, toitures fragilisées, parcs à l’abandon.
- La villa Leclerc demeure emblématique par sa loggia ouvragée et son jardin romantique,
- La villa Eugénie, récemment citée par l’Inventaire régional, témoigne d’innovations architecturales typiques des années 1930,
- Plusieurs maisons sur la rue d’Alsace conservent encore fresques, vitraux et verrières d’origine.
Patrimoine bâti mais aussi vecteur de mémoire collective, ces villas racontent l’âge d’or des eaux vosgiennes, accueillant artistes, militaires, médecins, et parfois, dans de discrètes dépendances, le personnel domestique saisonnier venu d’Alsace ou de Lorraine.