L’empreinte thermale : le Grand Établissement, miroir d’une commune en mutation
Impossible d’aborder Bains-les-Bains sans évoquer son imposant ensemble thermal, à la fois symbole d’un héritage séculaire et reflet du tournant pris par la commune au XIXe siècle. En 1757, le comte de Saint-Baslemont fait édifier une structure balnéaire pour accueillir les premiers curistes, mais c’est sous l’impulsion de la monarchie puis de l’État, à partir de 1838, que les thermes prennent leur forme actuelle (source : Base Mérimée – Thermes de Bains-les-Bains).
- Un style néoclassique affirmé : Les colonnes à chapiteaux ioniques, grandes verrières et longues galeries témoignent de l’âge d’or thermal. Conçus pour recevoir l’aristocratie puis la bourgeoisie venue de tout l’Est, les thermes multiplient les innovations architecturales (coupole sur la salle des bains, mosaïques 1920, parquet de balles).
- Un moteur de développement local : La fréquentation atteint des sommets sous le Second Empire : jusqu’à 3 500 curistes et 17 000 nuitées enregistrées en 1867 (Annuaire statistique des Vosges, 1868). On bâtit alors hôtels, pensions et infrastructures annexes : théâtre, kiosque, poste. Les thermes deviennent le poumon économique et une vitrine du territoire.
- Un acteur de l’évolution sociale : L’établissement ouvre peu à peu ses portes à d’autres publics. L’Assistance publique y envoie des “curistes sociaux” dès les années 1920. Après 1945, la clientèle devient majoritairement populaire et régionale, marquant une profonde transformation dans la vocation accueillante de la station.
En déclin progressif depuis la fin du XXe siècle, l’édifice continue de dominer le bourg : frise de pierre, pavillon de l’entrée et long bassin central gardent le souvenir d’années fastes et changent aujourd’hui de visage (projets de réhabilitation, nouveaux usages médicaux).