Pourquoi collectionner les cartes du XVIIIe siècle ?
Posséder une carte du XVIIIe siècle, c’est tenir entre ses mains un résumé des savoirs, des rêves et parfois des erreurs d’une époque révolue. Pour les collectionneurs avertis, plusieurs aspects entrent en jeu.
1. La rareté et la valeur historique
-
Des tirages limités : Contrairement aux reproductions actuelles, chaque carte ancienne était le fruit d’un travail artisanal. Beaucoup étaient éditées en petites quantités et destinées à des clients fortunés – noblesse, grands voyageurs, institutions étatiques ou savantes.
-
La survivance dans le temps : Entre dégradations naturelles et destructions (guerres, incendies, naufrages), peu d’exemplaires parviennent jusqu’à nous avec une fraîcheur acceptable. Cette rareté nourrit l’intérêt des collectionneurs comme des institutions patrimoniales.
2. L’esthétique d’un autre temps
-
Gravures sur cuivre, détails en main : Les cartes du XVIIIe siècle se distinguent souvent par la qualité de leur tracé, le soin porté aux décors (cartouches, blasons, scènes allégoriques) et parfois la couleur rehaussée à la main. L’ensemble en fait des objets décoratifs appréciés.
-
Un témoignage artistique : Cette période reste l’une des plus inventives de la cartographie d’ornement, où s’exprime le talent de graveurs et dessinateurs peu connus du grand public mais réputés à l’époque, tels Didier Robert de Vaugondy, Rigobert Bonne ou Homann.
3. Une histoire vivante : erreurs, légendes et curiosités
Collectionner, c’est aussi s’amuser des erreurs passées ou partir à la recherche de territoires disparus (comme la mythique île de San Borondon, souvent placée dans l’Atlantique ou les Lettres de cachet sur la carte d’Europe). Les cartes du XVIIIe siècle témoignent aussi de la circulation des savoirs, de la toponymie mouvante et des limites de la connaissance : l’intérieur de l’Afrique, du Pacifique ou de l’Amérique du Nord y demeure parfois blanc ou empli de chimères.