Datation, valeur et transmission : ce que "racontent" ces taches au-delà du papier
Il n’est pas rare, dans les archives communales ou familiales, de trouver des cartes jaunies en marge d’actes notariés ou glissées dans des albums de famille. À la fin du XIXe siècle, la production française de cartes topographiques (IGN, anciennes cartes d’état-major) était largement répandue, mais très peu de documents ont survécu sans altération. L’humidité était partout : caves, greniers au toit fuyard, commodes oubliées dans des maisons au chauffage aléatoire.
Les taches témoignent aussi des gestes ordinaires : parfois une flaque survenue lors d’une inondation, la trace d’un vase renversé, ou tout simplement le temps et son lot d’incidents ménagers. Pour les chercheurs locaux et les amoureux du patrimoine, ces altérations constituent autant d’indices sur la vie réelle des objets, leur circulation, les lieux qu’ils ont traversés.
Certaines taches deviennent presque identitaires. À la Bibliothèque d’Alsace, nombreux plans cadastraux portent les signes de leur long séjour dans les mairies humides, vestiges d’une ruralité besogneuse où la conservation n’était pas la priorité.