Tour d’horizon des chapelles autour de Bains-les-Bains : histoire et singularités
La chapelle Saint-Jean-Baptiste de La Haye
Située à l’écart au sud du hameau de La Haye, cette chapelle fut érigée en 1751, à l’initiative d’une confrérie locale. En 1772, les registres paroissiaux signalent la bénédiction d’une cloche offerte par les familles du hameau. Construction simple, bâtie en grès, la chapelle fut plusieurs fois menacée de ruine lors des guerres, mais maintenue debout grâce à une mobilisation villageoise lors des restaurations de 1884 et de 1970. Elle accueille chaque 24 juin une procession rurale pour la fête du Saint, attestée sans interruption depuis 1818 selon les archives diocésaines d’Épinal.
La chapelle Notre-Dame de Rechentreux
Au cœur du vallon de Rechentreux, autrefois bourg industriel (moulins, scieries), subsiste la petite chapelle Notre-Dame, datée de 1856. Construite à la suite d’une épidémie de fièvre typhoïde ayant frappé plusieurs familles, c’est un édifice typique du modèle « chapelle de secours » du XIXe siècle. Son retable naïf, préservé en l’état, représente la Vierge à l’Enfant dans une évocation locale : vêtements d’époque et paysage vosgien à l’arrière-plan. Peu connue des touristes, elle abritait autrefois un pèlerinage du 15 août qui réunissait encore 120 personnes dans les années 1930 (source : archives de la mairie de Bains-les-Bains).
La chapelle Sainte-Libaire de Hautmougey
Dans le petit village de Hautmougey, la chapelle Sainte-Libaire, construite au début du XVIIIe siècle, possède une histoire intimement liée à la vie des campagnes. Selon une tradition orale recueillie par A. Humbert (in « Folklore et légendes vosgiennes », 1927), elle aurait été fondée par des cultivateurs pour protéger les troupeaux des maladies. Sainte-Libaire, martyre lorraine, y est invoquée pour la sauvegarde du bétail.
- Son autel de pierre date de 1747, année d’une épidémie de fièvre aphteuse très redoutée dans la région.
- Chaque année, une poignée d’agriculteurs continue d’y déposer une gerbe de foin pour la bénédiction du travail rural, dans une cérémonie confidentielle et émouvante.
La chapelle Saint-Claude de Mailleroncourt-la-Petite
À l’est de Bains-les-Bains, la chapelle Saint-Claude, isolée dans un bosquet, fut édifiée grâce à un legs familial en 1814. Son autel de bois sculpté, réalisé par des artisans locaux, est un exemple rare du mobilier religieux rural de la Restauration. Elle était traditionnellement fréquentée par les familles de scieurs de long et de bûcherons du secteur.
Autres chapelles et oratoires à signaler
- Chapelle Sainte-Anne du Grandrupt (1832) : bâtie après une épidémie de choléra, reconstruite intégralement au XXe siècle.
- Chapelle Saint-Roch de Harsault (fin XVIIIe) : Saint-Roch, invoqué contre la peste, reste fêté chaque 16 août avec une modeste procession, héritage de temps d’incertitude.
- Oratoire de la Vierge au Petit Tholy (1818) : petit édicule à niche maçonnée, témoin de la dévotion mariale des populations rurales.