Thermalisme, mondanité et désir d’intimité : la genèse des villas
Au XIXe siècle, la cure thermale n’est pas seulement un acte médical, mais s’affirme aussi comme un moment social incontournable. De grandes familles de Nancy, Paris, Lyon ou Bordeaux viennent à Bains-les-Bains autant pour se soigner que pour se retrouver entre pairs, nouer des relations ou montrer leur réussite. Les journaux de l’époque (Journal des Eaux de Bains, 1884) relatent les réceptions, thés dansants et salons littéraires organisés dans ces nouvelles « villas de campagne ».
Cette sociabilité mondaine s’accommode mal des espaces partagés ou du brouhaha des grands hôtels. Rapidement, la mode est à la location — puis à la construction — de villas individuelles, conçues pour recevoir, se reposer et marquer son statut :
- Les villas sont souvent bâties sur des terrains en hauteur, offrant une vue sur les vallons boisés de la Vôge.
- Leur plan intègre salons spacieux, jardin d’agrément, parfois salle de billard ou « fumoir ». La cuisine, souvent reléguée à l’arrière, témoigne du recours à une domesticité nombreuse le temps de la saison thermale.
- Les façades sont abondamment décorées : bow-windows, verrières, balustrades en fonte, inspiration néo-classique ou Art nouveau.
Ce nouveau type d’habitat émerge précisément à Bains-les-Bains en raison de la conjoncture : des terrains disponibles, une petite ville à taille humaine, des paysages attractifs, et une forte demande sociale de confort et de distinction.