L’exploitation forestière, moteur des paysages et de l’économie locale
Dès les premiers registres du XVIIIe siècle, le bois de la Vôge s’impose comme ressource essentielle : chauffage évidemment, mais aussi matériau de charpente, d’ossature, de tonnellerie. La proximité des rivières la Combeauté, le Bagnerot ou le Côney a très tôt permis le flottage du bois vers les papeteries et verreries du Piémont vosgien — autant d’activités qui marquent encore par endroits la toponymie ou les ruines industrielles, à l’orée de la forêt.
Le XIXe siècle porte la forêt à son apogée en matière d’exploitation, sous l’impulsion d’une industrialisation rapide. Au plus fort de l’activité, près de 7 000 stères de bois étaient extraits chaque année des seuls massifs communaux de Bains-les-Bains (source : archives communales), employés pour la construction et l’alimentation des fours, mais aussi expédiés sur des centaines de kilomètres. Si le rythme d’exploitation s’est ralenti, ce sont ces coupes, ces lisières et ces chemins d’exploitation, aujourd’hui devenus sentiers, qui dessinent le paysage boisé actuel.