Marcher Bains-les-Bains : Un itinéraire urbain pour saisir l’esprit de la station en moins de deux heures

03/04/2026

Préparer sa promenade urbaine : conseils pratiques et points de départ

Une visite réussie débute par quelques recommandations simples :

  • Prévoir de bonnes chaussures, certains trottoirs sont irréguliers.
  • Se munir d’une gourde (de l’eau de source est à disposition à plusieurs fontaines).
  • Débuter l’itinéraire autour de 9h ou 15h pour profiter de la lumière douce, idéale pour apprécier les nuances du bâti local.
  • Un plan papier ou l’application IGNrando peut s’avérer utile (le territoire étant bien cartographié, cf. site officiel de la commune).
Le point de départ le plus pratique et central reste l’esplanade devant les anciens thermes, place des Déportés.

Premiers pas : de l’Hôtel des Thermes à la source « Les Bains »

Face à vous, l’impressionnant bâtiment des Thermes, construit entre 1903 et 1905 sur les plans de Charles-François Chatelain, impose son empreinte « art nouveau » aux ferronneries fleuries de l’entrée. En contournant ce lieu encore marqué par l’effervescence curiste d’avant-guerre, suivez la rue qui descend, le long du Petit Parc.

  • Le Petit Parc thermal. Jadis réservé à la halte paisible des pensionnaires, il se distingue par son enclos de rhododendrons et, en son centre, une fontaine Wallace (héritage du mécénat anglais du XIXe siècle, modèle d’utilité publique).
  • La Source « Les Bains »: une butte naturelle porte encore l’une des résurgences principales qui ont fait la réputation de la commune. On raconte qu’on y venait, dès la fin du Moyen Âge, chercher de l’eau « pour guérir la gravelle » (source : Association Histoire et Patrimoine de la Vôge).

En poursuivant sur la rue d’Alsace, vous traversez l’ancien quartier thermal, où l’on repère vite les villas de la Belle Époque : bow-windows, grilles de fonte ouvragée, initiales oubliées sur les frontons.

L’avenue du Docteur-Lepvrier : entre patrimoine et mémoire ouvrière

Engagez-vous ensuite vers l’avenue du Dr-Lepvrier, du nom du médecin-chef qui modernisa les thermes dans les années 1930. Cette avenue est un résumé, presque modeste, du Bains-les-Bains du XXe siècle, où se mêlent hôtels désaffectés et pensions transformées en habitats sociaux.

  • La Villa des Fleurs, à l’angle : fleuron éclectique dont les volets fermés murmurent encore les bals d’après-bains.
  • Un passé ouvrier discret : au détour d’un porche, remarquer l’entrée de la poterie d’art, érigée par des enfants d’ouvriers venus de la vallée du Côney ; vestige d’une petite industrie, mentionnée dans l’ouvrage de P. Kieffer, La Vôge et ses métiers (Éditions La Nuée Bleue).

Une énigmatique salle de jeux automatiques fermée rappelle que la station vécut aussi de ses loisirs depuis la Seconde Guerre mondiale, avant le lent reflux du thermalisme dans les années 1980.

Les monuments civils : mairie, église et bureau de poste

Demi-tour ou bord du parc régional, prenez la rue de Verdun jusqu’à la place de la mairie (ancien collège communal). Ce bâtiment du XIXe siècle, en grès rose, a servi d’hôpital auxiliaire pendant la Première Guerre mondiale – des traces de cette période subsistent dans les archives (cf. Médiathèque départementale des Vosges).

  • L’église Saint-Colomban: sobre et massive, elle héberge un chemin de croix signé V. Georges, rare exemple régional, et un orgue de la maison Jacquot-Jeanpierre.
  • Le bureau de poste et sa mosaïque art déco, témoignages de foi dans le service public (il en subsiste moins de 20 de ce type dans les Vosges).

Les rues alentour rappellent aussi le dynamisme de la ville industrielle du XIXe siècle, enrichie par la manufacture de tuiles et la scierie, aujourd’hui disparues.

Bifurcation verte : du parc thermal au canal des Vosges

Traversez le parc du château, dont quelques arbres remarquables (un tulipier de Virginie, deux cèdres plusieurs fois centenaires) sont recensés par la Société d'Horticulture des Vosges. Continuez par la rue du Général-Leclerc : vous y verrez le kiosque à musique, motif récurrent de cartes postales des années 1920.

  • Le lavoir, récemment restauré, reflète l’attachement local aux gestes simples de la vie quotidienne d’autrefois (source : Inventaire Général du Patrimoine Culturel, Région Grand Est).

En quelques minutes, vous rejoignez le Canal des Vosges. C’est un point d’ancrage majeur : le chemin de halage accueille aujourd’hui cyclistes et pêcheurs, là où passaient autrefois gabares et sabots. Un brin de clématite ou la lumière sur l’eau suffisent à relier le promeneur au passé voyageur de la ville.

Tableau synthétique : Lieux d’intérêt majeurs le long de l’itinéraire

Point d’arrêt Type de patrimoine Particularité
Thermes Tertiaire/Patrimonial Architecture art nouveau, histoire du thermalisme
Petit Parc Naturel/Historique Fontaine Wallace, rhododendrons
Villa des Fleurs Architectural Éclectisme Belle Époque
Mairie Civil/Public Ancien hôpital auxiliaire 1914-18
Église St-Colomban Religieux/Artistique Chemin de croix signé & orgue Jacquot
Canal des Vosges Naturel/Industriel Ancien transport fluvial

Dernière étape : retour par le patrimoine thermal et les jardins

En suivant le canal sur quelques centaines de mètres vers le nord, rejoignez la passerelle du pont de la Manufacture, puis bifurquez rue du Docteur Rudler. Ce secteur fut marqué longtemps par la présence d’un important établissement de bains municipaux, fréquenté en période creuse par les habitants du bourg.

  • Le Jardin des Simples – installé depuis 2014 par l’association Plantes et Bien-Être – propose des plantes médicinales traditionnelles en accès libre, un clin d’œil à la vocation thérapeutique de la ville.
  • La galerie de l’artiste local Robert Demangeon, sur la rue principale, réserve quelques aquarelles sensibles sur le thème du thermalisme.

Sur le chemin du retour, remarquez l’ancienne enseigne « Hôpital Civil » en céramique vernissée, exemple de signalétique d’époque. Certains fragments d’histoire se devinent aussi sur les façades : une date gravée, une pierre sculptée, un mascaron animalier.

Itinéraire récapitulatif : les étapes en moins de deux heures

  1. Départ place des Déportés (fontaine, anciens thermes)
  2. Descente par le Petit Parc, passage devant la Villa des Fleurs
  3. Avenue du Dr-Lepvrier jusqu’au quartier des anciennes pensions
  4. Détour par la mairie et l’église St-Colomban
  5. Traversée du parc du château, kiosque à musique
  6. Arrivée au canal, halte au lavoir
  7. Boucle par la passerelle, retour par le Jardin des Simples
  8. Retour place des Déportés ou selon l’envie, pause en terrasse

Quelques anecdotes pour agrémenter la balade

  • Le premier curiste célèbre des Bains serait l’abbé Chassignet, savant local, qui fit l’éloge des eaux en 1610 (fonds anciens Bibliothèque municipale d’Épinal).
  • Le buste du docteur Lepvrier, déplacé après la guerre, fut longtemps l’objet d’offrandes florales le jour de la fête du village.
  • La végétation, notamment les cèdres du parc, ne fut pas épargnée lors la tempête de 1999 ; la commune entretient depuis un plan de préservation élaboré avec le Parc naturel régional du Ballon des Vosges.

Une invitation à prolonger l’expérience

Bains-les-Bains n’a pas la démesure de certaines villes thermales célèbres, et c’est sans doute cette densité discrète qui forge son charme : en deux heures, la promenade urbaine proposée donne accès à la diversité de son histoire, de ses architectures et de ses paysages verts. L’itinéraire peut aisément se compléter d’un détour par le cimetière, où reposent quelques figures locales, ou d’un passage furtif chez un artisan (poterie, apiculteur) selon la saison. Pour aller plus loin sur l’histoire locale ou pour préparer sa prochaine balade dans la Vôge, on pourra consulter :

  • Les publications de l’Association Histoire et Patrimoine de la Vôge (site officiel)
  • Les archives du service patrimoine de la Communauté d’Agglomération d’Épinal
  • Le site Tourisme Épinal
En redescendant vers la place des Déportés, la ville paraît offerte sous un autre regard. Marcher Bains-les-Bains, c’est choisir de lire la ville dans ses détails, à petite allure, en traversant ses âges et ses saisons.

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