Petit détour : le plan en damier ailleurs, d’Athènes à Barcelone
Le plan en grille n’est pas une invention américaine, loin s’en faut. Dans la Grèce ancienne déjà, Hippodamos de Milet (Ve siècle av. J.-C.) formalise un urbanisme rationnel — le « plan hippodamien » — à Milet et au Pirée. L’Empire romain en reprend le principe pour ses colonies et cités militaires. On le retrouve plus tard dans les villes espagnoles en Amérique latine (Ley de las Indias). Pourtant, ce que fait New York est singulier : la grille est étendue sur une île entière, dédiée aux usages civils autant qu’économiques, non bornée aux seules villes nouvelles ou aux marges coloniales (source : ArchDaily).
Au XIXe siècle, d’autres villes choisissent ce modèle : Melbourne (Hoddle Grid), Chicago, Philadelphie (William Penn, 1682). En Europe, c’est l’architecte Ildefons Cerdà qui, avec son « Eixample » (Barcelone, 1859), imagine une grille moderniste pensée pour le bien-être des habitants. Mais New York reste la matrice emblématique : par sa régularité, sa capacité d’expansion et son statut de métropole mondialisée.