Une petite révolution silencieuse
Il est des révolutions qui bouleversent le quotidien sans tambour ni trompette, ni même que l’on songe, ici dans nos vallées paisibles, à leur portée. OpenStreetMap (OSM), que l’on surnomme parfois le « Wikipédia de la carte », en fait partie. Son principe ? Une grande carte du monde, gratuite, ouverte, où chacun peut corriger ou enrichir l’information à partir de ses observations de terrain. Initié en 2004 au Royaume-Uni, le projet fédère aujourd’hui plusieurs millions de contributeurs – simples promeneurs, cyclistes, élus, chercheurs ou associations de quartiers – qui collectent et partagent leurs connaissances du territoire.
Derrière chaque tracé de sentier, chaque ruelle, chaque fontaine indiquée sur OpenStreetMap se cache souvent l’œil attentif d’un habitant, une marche du matin, un souvenir d’enfance, ou, plus prosaïquement, une trace GPS partagée depuis un téléphone. Cette intelligence collective donne naissance à une carte d’une richesse insoupçonnée, veillant à ne pas reléguer les petits bourgs, les chemins oubliés et les singularités locales au second plan.