Place de la Mairie : le cœur battant
C’est autour de cette place, ancienne place du Marché, que s’organisent les principales activités sociales de Bains-les-Bains depuis des siècles. L’hôtel de ville actuel occupe un bâtiment datant du XIXe siècle. À proximité, plusieurs façades témoignent de l’essor thermal du Second Empire et de la Belle Époque, avec balcons en fer forgé et enseignes anciennes.
- Remarquez les trottoirs pavés d’origine et les anciennes bornes à incendie estampillées “Bains”.
- Sur le mur de l’ancienne pharmacie, une plaque évoque l’ouverture du premier bureau de poste, en 1851.
- C’est le lieu des rassemblements populaires — marchés, concerts, animations estivales.
L’Établissement thermal et son parc : âme de la station
Un détour s’impose vers le grand Établissement thermal, dont la silhouette art déco tranche sur les bâtiments alentours, vestige des agrandissements opérés entre 1930 et 1938 (voir [La Lorraine thermale au fil des siècles, éditions Cheminements]). Si le hall principal n’est accessible qu’aux curistes, le parc qui l’entoure est libre d’accès toute l’année.
- La fontaine monumentale, offerte par un mécène lyonnais en 1911, symbolise la réputation hydrominérale de la ville.
- Plusieurs arbres remarquables y sont étiquetés, comme le cèdre du Liban planté lors de la visite de Napoléon III en 1861.
- En saison, une petite exposition retrace l’histoire du thermalisme local à travers affiches d’époque et objets insolites (renseignements auprès de l’office de tourisme).
L’accès au parc est aussi le point de départ de nombreux sentiers balisés, menant vers la forêt domaniale ou les anciennes “visites médicales à pied”, encouragées dès le XIXe pour stimuler les curistes.
L’Église Saint-Colomban : mystère roman et singularité locale
La silhouette simple de l’église Saint-Colomban détonne par rapport à l’opulence des villas thermales. Construite à partir du XIIIe siècle mais profondément modifiée jusqu’au XVIIIe, elle recèle pourtant des trésors méconnus.
- Un autel secondaire, en marbre blanc, fut offert par une société de curistes autrichiens au début du XXe siècle.
- Le clocher octogonal, visible de toute la ville, abrite une cloche datée de 1604, la plus ancienne de tout le canton de la Vôge.
- À droite du chœur, repérer une étonnante fresque néo-romane, découverte lors de travaux en 1987 (source : Bulletin de la Société d’Histoire locale, 1988).
Ce choix architectonique atypique, entre roman vosgien et influences lombardes, fait du bâtiment un jalon essentiel de la promenade.
Le parcours des fontaines et sources
Impossible de comprendre Bains-les-Bains sans s’arrêter devant ses nombreuses fontaines, miroirs du thermalisme et de la vie quotidienne.
- La Fontaine Stanislas, inaugurée en 1747, porte le nom du roi de Pologne et duc de Lorraine. Elle fut offerte pour remercier la commune d’avoir hébergé sa suite lors d’une épidémie à Nancy.
- La Source du Bain des Dames, non loin de la passerelle de la Manufacture, a longtemps été réservée aux femmes pauvres de la cité, comme le précise un “règlement thermal” de 1795 consultable aux Archives Départementales des Vosges.
- Plusieurs anciennes buanderies et lavoirs, aujourd’hui restaurés, jalonnent le parcours. Des panneaux thématiques y expliquent leur usage et les anecdotes associées — par exemple, celle du “lavoir des célibataires”, réservé à une clientèle très particulière au XIXe siècle.
Ce mini-parcours met en valeur la pluralité des usages de l’eau : soin, sociabilité, économie domestique et… légendes. Certains habitants évoquent encore la mystérieuse “dame blanche” apparaissant près du lavoir le soir de la Saint-Jean.
Le quartier des villas thermales : mémoire de la Belle Époque
À l’écart de la route principale, de petites rues desservent un ensemble de villas cossues aux styles affirmés. Ces maisons, bâties entre 1878 et 1914, étaient louées à la saison par des familles de la bourgeoisie alsacienne et lorraine. Ici, chaque balcon et fenêtre se distingue par un motif fruitier ou floral, un trompe-l’œil, ou une signature d’artisan.
- La Villa Mirabeau, identifiable à sa marquise d’entrée, abrita l’un des premiers cercles littéraires de la cité à l’initiative de la poétesse Agathe Thomas.
- Une plaque bleue rue des Tilleuls indique la maison natale du médecin Albert Cuny, pionnier de l’hydrothérapie ciblée — technique très populaire au début du XXe siècle.
- Jardins privés et rocailles, parfois visibles depuis la rue, témoignent du goût très local pour la botanique et les essences rares.
Le soir, les lanternes accentuent le caractère intemporel de ce quartier, donnant à la promenade une touche de vie suspendue.