Personnalités marquantes : entre science, politique et culture
Louis Léonard Parisot, l’ingénieur visionnaire du second Empire
Natif d’Arches, formé à l’École des Ponts et Chaussées, Parisot (1820-1891) rejoint Bains-les-Bains en 1864. Il n’y vient pas seul : son plan de modernisation comprend :
- La canalisation enterrée des sources pour une meilleure maîtrise du débit (1865-1867)
- La création du parc à l’anglaise pour offrir de véritables promenades thérapeutiques
- L’extension de la buvette et du Pavillon des Dames, conçu dans un éclectisme Second Empire mêlant éléments Louis-Philippe et détails Art Nouveau bien avant l’heure
Sous sa direction, Bains-les-Bains se distingue au Congrès médical international de Paris (1878), pour « la qualité de l’accueil et l’innovation technique en hydraulique » (Journal des sociétés savantes, 1879, BnF). Son installation du système d’assainissement est alors cité en exemple pour les stations françaises.
Des médecins pionniers : Lefranc, Lauth et les prescripteurs d’eau curative
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Le docteur Lefranc (1785-1863) :
Auteur d’un des premiers traités sur les eaux locales ("Des eaux et bains de Bains-les-Bains", 1826), Lefranc fait le lien avec l’École de Nancy pour mieux comprendre les effets médicaux des minéraux sulfurés.
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Le professeur Lauth (1816-1894) :
Anatomiste reconnu, Lauth consacre plusieurs saisons à Bains-les-Bains entre 1855 et 1880. Il expérimente des protocoles de cure originaux, tels que la balnéothérapie rotative, qui seront repris ailleurs (Dictionnaire des sanitaires, éd. Masson, 1898).
Une figure politique et sociale : la comtesse d’Osmonde
Si nombre de curistes célèbres fréquentent la station (Beaumarchais, Berlioz, voire Alexandre Dumas lors d’un détour vosgien), rares sont ceux qui s’investissent durablement. À la fin du XIX siècle, la comtesse d’Osmonde (Élise Chevallier, 1839-1913) achète le domaine voisin de la Manufacture royale et lance une œuvre caritative durable :
- Construction d’une salle d’asile pour les enfants pauvres de Bains-les-Bains (financée en 1894 sur ses propres deniers, source : bulletin municipal d’époque)
- Achat puis rénovation d’une fontaine publique (dite « aux Dames de Charité », aujourd’hui encore visible allée des Thermes)
- Défense du patrimoine forestier local, devenant la première mécène de la protection du « bois de la Vierge », aujourd’hui intégré au parc thermal