Le patrimoine thermal, témoin des évolutions locales
Les bâtiments, tout comme la mémoire orale, racontent cette histoire. Le grand établissement en pierre jaune, l’hôtel du Parc, l’orangerie et les petites villas cossues bâties par la bourgeoisie ou les médecins en témoignent. Pourtant, contrairement à Vittel ou Contrexéville, le destin de Bains-les-Bains fut plus discret, conservant une échelle humaine.
Ce patrimoine bâti, classé en partie aux Monuments historiques (la galerie thermale, le grand escalier et l’ancien bassin de la duchesse, pour ne citer qu’eux), traverse les décennies sans retournement spectaculaire. Il subit les coups du temps, s’adapte, et parfois se réinvente – tel le Grand Hôtel devenu aujourd’hui résidence privée, ou l’atelier de l’ancien casino transformé en salle d’exposition.
- L’établissement thermal (architecte Victor Calliat, XIX siècle) : cœur névralgique de la station, il reste le principal employeur du village jusque dans les années 1980.
- Le parc thermal : planté d’arbres remarquables dont un tulipier de Virginie bicentenaire, c’est un espace de promenade partagé par curistes et riverains (source : recensement de l’AVES, Association Vosgienne d’Étude et de Sauvegarde de l’environnement).
- La gendarmerie-hôpital thermal : lieu de mémoire du passage de plusieurs figures, tel l’écrivain Paul Claudel ou la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.
Ainsi, le patrimoine thermal est partout dans la ville : dans la toponymie (“boulevard des Thermes”, “rue du Bain-Romain”), dans la mémoire collective et dans les pratiques, parfois inconscientes, des habitants.