Explorer la forêt de la Vôge à pied : panoramas et sentiers aux abords de Bains-les-Bains

27/02/2026

De vastes étendues boisées, des collines aux reliefs doux, des vallées encore confidentielles : la forêt de la Vôge, aux abords de Bains-les-Bains, abrite quelques-uns des plus beaux points de vue des Vosges méridionales. Voici les éléments essentiels à connaître pour choisir une randonnée offrant des panoramas remarquables :
  • Certains belvédères naturels, parfois signalés historiquement sur les cartes, dominent la vallée du Côney ou la plaine vosgienne.
  • Plusieurs itinéraires, balisés ou à découvrir hors des sentiers battus, traversent de vieux sites industriels, des vestiges thermaux ou de discrets villages perchés.
  • Des témoignages d’habitants et les archives mentionnent des clairières d’où l’on embrasse l’horizon qui va jusqu’aux premiers massifs du Jura.
  • Certaines randonnées sont idéales pour observer la faune forestière ou profiter d’un coucher de soleil au-dessus des futaies de feuillus.
  • Bien préparés et respectueux des lieux, les marcheurs partagent l’intimité de ce territoire discret, mais hautement singulier.

Un paysage façonné par la forêt et l’eau

À l’ouest des Vosges gréseuses, la forêt de la Vôge épouse le relief doux de collines ondulantes, échancrées de vallons où serpentent le Côney et ses affluents. Cette mosaïque forestière, mêlant hêtraies, vieilles sapinières et clairières pâturées, abrite des points de vue variés, souvent liés à la géographie, mais aussi à l’histoire industrielle et thermale de la région (source : IGN, Parc naturel régional des Ballons des Vosges).

  • La présence de sources thermales et la tradition du bois ont modelé localement le réseau des chemins.
  • De vieux sentiers d’exploitation forestière rejoignent désormais des belvédères naturels autrefois fréquentés par les promeneurs de Bains-les-Bains.
  • Certains points de vue offrent des perspectives inhabituelles sur la plaine vosgienne, le plateau de Xaintois, ou, par temps clair, jusqu’aux pentes du Jura.

Les points de vue incontournables de la forêt de la Vôge

Le belvédère du Faucogney

Situé à l’extrémité sud du massif, à proximité des anciens sites industriels de Bains-les-Bains (scieries, filatures le long du Côney), le sommet du Faucogney culmine à 456 mètres. Il offre une ouverture panoramique sur la vallée de la Vôge et le village de La Chapelle-aux-Bois. Ce point de vue, accessible par un sentier entretenu balisé (départ de la Zone Artisanale, 5 km A/R), permet de comprendre l’articulation entre les espaces forestiers, les zones humides et les anciens chemins de desserte liés aux thermes.

  • Du belvédère, on distingue les méandres du Côney et ses ponts ferroviaires, vestiges d’une époque où l’eau était la principale source d’énergie locale.
  • Au printemps, le panorama se nimbe du vert tendre des feuillus, tandis que l’automne allume des touches rouges sur les cimes.

Les Roches d’Olima

Plus au nord, le sentier des Roches d’Olima (commune d’Harsault–La Vôge-les-Bains) mène à une corniche rocheuse surplombant la haute vallée, à 420 mètres d’altitude environ. La vue s’ouvre sur des paysages à la fois boisés et bocagers, rappelant l’alternance, typique de la Vôge, entre forêts profondes et prairies. L’accès se fait via le chemin rural depuis Harsault (6 km A/R). Selon les relevés topographiques du Club Vosgien, ce site est aussi remarquable pour sa faune aviaire de lisière (source : Club Vosgien, topo-guide 2022).

  • C’est un lieu particulièrement apprécié au lever du jour, quand la brume accroche encore les arbres tandis que le soleil perce entre deux collines.
  • La légende locale veut que l’on y entendait autrefois le cor de chasse lors des grandes battues organisées par les forestiers du 19ᵉ siècle.

La colline des Chanois

La colline des Chanois, sur le haut du village du Clerjus, est un site d’interprétation paysagère récent, où un petit belvédère en bois a été aménagé par la commune, avec panneaux explicatifs sur la faune. On y accède après 1,5 km de marche sur une voie forestière. La vue, très large, suit la courbe du Côney jusque vers Fontenoy-le-Château. Les jours de beau temps, l’horizon s’étend jusqu’aux lointains plateaux lorrains. Site parfait pour un pique-nique ou une halte contemplative.

  • Point d’intérêt pédagogique : les enfants y apprennent à reconnaître le chant des mésanges et à repérer, sur les flancs déboisés, les chevreuils venant paître au petit matin.
  • En été, la flore typique des lisières attire papillons et bourdons, participant à la biodiversité liée aux clairières anthropisées.

Panorama du Sentier du Tacot

Départ du centre de Bains-les-Bains, ce sentier suit le tracé de l’ancienne voie ferrée « du Tacot » jadis empruntée par les curistes pour rejoindre Plombières-les-Bains. Plusieurs ouvertures ont été récemment débroussaillées et proposent, à hauteur de l’ancienne halte de La Vernie, des vues remarquables sur les toits du village thermal et les masses boisées descendant vers le Côney.

  • La balade, aisée, se prête bien à une découverte familiale. Compté 8 km A/R, faible dénivelé.
  • C’est aussi une leçon d’histoire locale : des panneaux rappellent le rôle du chemin de fer, aujourd’hui disparu, dans l’essor thermal de la région (source : Archives municipales de La Vôge-les-Bains et ancienne Société d’Histoire locale).

Clairières secrètes, forêts profondes et sites oubliés

Des chemins moins fréquentés

Au-delà des promenades balisées, la forêt de la Vôge dissimule de petits trésors peu connus occasionnant, souvent, comme une parenthèse d’immersion totale : la clairière des « Quatre Bornes », entre Bains-les-Bains et Les Voivres, offre une respiration au cœur d’une hêtraie majestueuse. Non signalée sur toutes les cartes, elle est connue des seuls habitués et forestiers.

La « Pierre Qui Sonne »

Autre curiosité locale, la Pierre Qui Sonne dans le secteur du Villé (commune des Voivres), bloc erratique au sommet d’un promontoire boisé, d’où le regard plonge vers les étangs et marais alentours. Selon la tradition, cette pierre aurait servi de banc lors d’anciennes réunions paysannes (source : Inventaire du Patrimoine Géologique régional).

  • Accès : compter 4 km aller-retour depuis le centre du village des Voivres, petite montée finale.

Pistes forestières et anciennes routes thermales

Plusieurs pistes suivent l’ancienne « Route des Bois », un tracé utilisé jadis par les marchands pour relier Bains-les-Bains à Darnieulles et Épinal. Au gré des trouées, on découvre de magnifiques points de vue sur la mosaïque forestière, où alternent futaies replantées (après la tempête de 1999 selon l’ONF) et vieux peuplements résineux ménagés pour la biodiversité.

Conseils pratiques et respect des sites

Conseil Explication
Utiliser des cartes à jour La végétation évolue rapidement, certains points de vue se ferment, d’autres s’ouvrent ; les cartes IGN (série 3619OT) restent la meilleure référence.
Respecter la faune et la flore L’observation discrète l’aura toujours sur le passage bruyant ; il n’est pas rare de croiser chevreuils, écureuils et martres au petit matin.
Privilégier le hors-saison Le printemps et l’automne, avec leurs lumières rasantes, offrent les plus beaux jeux d’ombres et de couleurs sur les reliefs.
Échanger avec les habitants Beaucoup de petits points de vue ou accès ne figurent que sur des récits d’habitants, recueillis par les associations locales.

Pour prolonger la découverte : liens et ressources

  • IGN – Géoportail : plans détaillés, itinéraires pédestres (geoportail.gouv.fr).
  • Club Vosgien - section Remiremont/Plombières : balisages officiels, topo-guides actualisés.
  • Inventaire du patrimoine naturel vosgien : fiches faune et flore (faune-lorraine.fr).
  • Archives patrimoniales de La Vôge-les-Bains : anecdotes et récits de promeneurs (consultation sur demande).
  • Pour les conseils pratiques sur l’équipement et la sécurité en forêt, voir : ONF (onf.fr).

Une invitation à prendre le temps d’observer

Les forêts et coteaux de la Vôge proposent une relation particulière à l’espace et au paysage, loin des panoramas spectaculaires attendus ailleurs. Ici, chaque point de vue, qu’il soit dramatique ou discret, découle de la rencontre entre l’histoire des lieux, les gestes anciens des habitants et le patient travail de la nature. Les randonnées, accessibles en toutes saisons, appellent à la marche lente, à la curiosité, parfois à l’écoute de la mémoire partagée. C’est ainsi, peut-être, que l’on découvre le mieux l’âme de Bains-les-Bains.

En savoir plus à ce sujet :

Articles