Explorer Bains-les-Bains à pied : 7 itinéraires pour tous les rythmes

08/04/2026

Tableau récapitulatif des promenades urbaines

Nom de la promenade Durée approximative Niveau de marche Caractéristiques principales
1 Le Parc Thermal et ses arbres remarquables 30 min Très facile Parc, histoire thermale, arbres centenaires
2 Bord des canaux et vieux quartiers 45 min Facile Canaux, anciennes laveries, petit patrimoine
3 Les Villas Belle Époque autour du centre 1h Facile Architecture, histoire bourgeoise, anecdotes
4 Balcon sur la Combeauté 1h15 Moyen Vues, dénivelé doux, rivière
5 Le circuit des lavoirs et fontaines 1h30 Moyen Lavoirs, fontaines, patrimoine rural
6 Du centre thermal à la halte ferroviaire 2h Moyen-difficile Histoire industrielle, chemin de fer, faubourgs
7 Grand tour urbain vers le faubourg de Clairefontaine 2h30 Difficile Parcs, hameaux, diversité de paysages

La promenade du Parc Thermal : immersion brève sous les arbres vénérables

Au cœur même de Bains-les-Bains, le parc Thermal, conçu à la fin du XIXe siècle (source : Archives municipales), témoigne du faste d’une station appréciée dès l’époque romantique. Cette boucle d’une trentaine de minutes permet de s’immerger dans un théâtre végétal jalonné d'essences remarquables : séquoias géants, platanes multiséculaires, cèdre de l’Atlas.

  • Départ : Porte principale du parc thermal, face à l’établissement.
  • Balisage naturel grâce aux bancs de pierre et aux panneaux botaniques.
  • Accessibilité parfaite pour familles, personnes à mobilité réduite ou seniors.
  • Points d’intérêt : kiosque à musique, fontaine, sculptures animalieres, traces de l’ancien grand hôtel thermal (détruit dans les années 1980).

Les promeneurs attentifs pourront repérer le platane surnommé « Le Patriarche », planté vers 1830, et la Glycine centenaire qui enveloppe la gloriette de sa floraison en mai-juin. La promenade offre également, en arrière-saison, de superbes feuillages. Un conseil, lever les yeux pour surprendre les traces laissées par les curistes d’autrefois gravées à même l’écorce du grand hêtre.

Le bord des canaux et les quartiers anciens : petites histoires d’eau et de pierres

D’une longueur confortable (45 min environ), cet itinéraire suit d’abord le canal de l’Est puis serpente dans les rues historiques. Cette promenade donne un visage authentique à la vie populaire qui gravitait hors du luxe thermal.

  • Départ : Rue du Général Leclerc, à hauteur du pont sur le canal.
  • Passe par : Ancienne blanchisserie municipale (témoignage de la prospérité passée), trace des anciennes tanneries et moulins à eau documentés depuis le XVIIIe siècle (Base Mérimée, ministère de la Culture).
  • Arrivée : Place François de Neufchâteau, à l’ombre de la fontaine centrale.

Les façades de grès rose et l’asymétrie des vieilles maisons rappellent combien la petite cité a évolué autour de l’eau. Ici, l’on croise encore au petit matin des habitants qui viennent remplir leurs brocs à la fontaine, perpétuant les gestes d’autrefois.

Autour du centre : les villas Belle Époque et un parfum d’ailleurs

Bains-les-Bains doit son essor à la clientèle bourgeoise du XIXe. Ce parcours (1 heure environ) compose une sorte de promenade architecturale, accessible à tous, où l’on glisse d’élégante villa en demeure cossue, chacune avec ses histoires et ses anecdotes.

  • Départ : Casino, puis direction Avenue du Docteur Schweitzer.
  • À ne pas manquer : Villa Saint-Hubert (où séjourna le peintre Albert Maignan selon les archives municipales), la façade Art nouveau du Pavillon Rose, les jardins géométriques qui évoquent le goût pour l'exotisme et la botanique de l’époque.
  • Petits détours : Ancien Grand Hôtel Thermal et son portail réutilisé, hôtel particulier de la famille Virenque, notaires et fondateurs d’œuvres sociales locales.

Une promenade à faire tôt le matin, alors que la lumière révèle les ferronneries et les vitraux colorés, ou à la nuit tombée pour suivre le jeu d’ombre sur les façades.

Le balcon sur la Combeauté : marcher au fil de la rivière

Cet itinéraire modéré (environ 1h15), s’élève progressivement pour offrir des vues sur les méandres de la Combeauté. On entre ici dans un Bains-les-Bains plus nature, mais toujours arrimé à ses quartiers.

  • Départ : Place du Docteur Roussel, puis direction rue du Moulin.
  • Passages ponctués de petits escaliers et de rampes.
  • Deux belvédères : le Pont de la Forge (ancienne manufacture de clous) et la plateforme du Vieux Lavoir, offrant une vue sur la vallée encaissée.

Ce parcours a la faveur des photographes amateurs aux premières heures du jour, lorsque la brume s’attarde sur les près humides. Les jours de pluies, quelques glissades possibles sur les vieilles pierres moussus – bonnes chaussures recommandées.

Le circuit des lavoirs et fontaines : hommage au patrimoine rural

Avec ses 1h30, cette boucle modérément sportive ressuscite la mémoire des gestes quotidiens, du linge battu à l’eau glaciale dans des sites parfois cachés. On recense à Bains-les-Bains pas moins de 12 lavoirs anciens, majoritairement en activité jusque dans les années 1950 (Lavoirs de France).

  • Début : Lavoir du Pré du Coulon, près de la station thermale.
  • Escapade vers : Fontaine Saint-Colomban (dédiée au moine irlandais venu christianiser la Vôge au VIIe siècle), lavoir du XVe, fontaine « des Amoureux » (dite miraculeuse selon la tradition orale, source : société d’histoire locale).
  • Parcours jalonné de panneaux explicatifs, souvent réalisés avec la participation d’anciens du village.

C’est également sur ce circuit que l’on peut rencontrer des bénévoles passionnés qui veillent à préserver ces témoins modestes de la vie rurale.

Du centre thermal à la halte ferroviaire : chronique de l’âge industriel

Cette promenade ambitieuse (près de 2h, modérée à difficile suivant le rythme) suit les traces de la révolution industrielle à Bains-les-Bains. Point de départ, le cœur du village, puis direction sud en longeant les voies ferrées désaffectées, jusqu’à la petite halte de La Vôge-les-Bains.

  • Début : Parvis des Thermes, puis suivre la rue du Général Leclerc jusqu’à l’ancienne gare.
  • Puis, liaison via petite route communale jusqu’au faubourg du Pré Rocheux (anciens ateliers de réparation de wagons et vestiges du passage du tacot, source : Croix de Lorraine, archives 1908).
  • Dénivelé sensible sur la fin, escaliers au passage des anciens silos à grains.

Cette balade invite à rencontrer les vestiges du passé industriel, peu visibles mais éloquents : rails noyés dans l’herbe, silhouette austère des anciens ateliers… C’est aussi l’occasion d’évoquer la mobilité des curistes et ouvriers d’autrefois, lorsque le train ralliait Épinal et Plombières-les-Bains.

Grand tour urbain vers le faubourg de Clairefontaine : diversité de paysages et d’ambiance

Pour les marcheurs aguerris, cet itinéraire de 2h30 arpente les marges de la ville, glissant des rues pavées aux vergers, puis aux petits hameaux satellites que sont Clairefontaine, Forêt-de-Lésigneux et en rebouclant par la Combeauté.

  • Départ : Place du marché
  • Suivre brièvement la D164, puis traversée du parc du Castel, montée légère vers Clairefontaine (ancienne demeure de convalescence, transformée aujourd’hui en résidence d’artistes).
  • Retour par petits chemins de contre-allée, croisant les vestiges d’anciens vergers collectifs (en partie réhabilités dans le cadre d’un projet associatif, source : Bulletin municipal 2021).
  • Possibilité de croiser des chevreuils et, à l’automne, de déguster quelques pommes tombées d’arbres oubliés le long du chemin.

Ce “grand tour” est plébiscité lors des journées du Patrimoine et fait la fierté des habitants du faubourg, qui aiment en rappeler l’histoire industrielle (ancienne filature) et religieuse (chapelle Saint-Jean).

Des idées pour prolonger la promenade

Chaque parcours urbain à Bains-les-Bains dévoile une facette différente de la ville : intimité des parcs centenaires, traces du foisonnement industriel, mémoire des gestes populaires aux lavoirs, panoramas champêtres des faubourgs. La diversité des itinéraires, classés ici selon leur durée et niveau, permet à chacun de trouver son rythme et ses propres coups de cœur. Que l’on soit venu au gré d’une cure, pour une escapade de week-end ou simplement pour goûter à la quiétude du bourg, chaque pas offre l’occasion d’inventer son propre récit.

Pour aller plus loin, la bibliothèque municipale propose régulièrement des expositions temporaires sur la thermalie et l'histoire locale (bibliothèques locales), et quelques visites guidées thématiques rythment la saison estivale. Le service patrimoine de la ville met également à disposition cartes et livrets téléchargeables pour enrichir ses balades (CC Vôge-les-Bains).

Enfin, ouvrir cette ville à la marche, c’est entrer dans une conversation silencieuse entre le passé et le présent, dont le promeneur devient l’un des témoins quotidiens.

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