Origine historique : pourquoi Venise a opté pour ce système ?
Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, Venise ne connaissait pas la numérotation des habitations. Se repérer se faisait selon des noms de lieux, de ponts, d'églises et surtout de quartiers (« sestieri »). Mais le décret napoléonien de 1806, qui ordonnait un recensement et une rationalisation administrative après l’annexion, allait tout bouleverser.
Le choix fut alors fait d’assigner un numéro consécutif à chaque bâtiment au sein de chaque « sestiere » (six quartiers historiques de la ville). Les numéros débutent généralement près du Grand Canal, puis serpentent d’un bout à l’autre du quartier selon une logique… qui n’est pas toujours évidente pour l’étranger.
Ce système a survécu jusqu’à aujourd’hui, avec très peu d’adaptations, et reste lié à la topographie capricieuse de la cité lacustre. Son caractère déroutant est aussi le reflet d’une société qui privilégiait les appartenances de voisinage et la tradition orale à la rationalité moderne.