- 1. La Grande Forêt de Bains-les-Bains : immersion entre hêtraies et sources
- 2. Les étangs de la Comtesse et du Coucou
- 3. Le Bois des Bouchaux : voyage dans la sylviculture traditionnelle
- 4. Entre Agencement humain et sauvage : la forêt domaniale de la Vôge
- 5. Les mystères de la Chaudeau et du ruisseau des Fées
- 6. Promenade bucolique au bois de la Fave avec vue sur les Hautes-Vôges
- 7. Autour de l’abbaye de Droiteval : forêt sacrée et vestiges médiévaux
- 8. Le vallon du Bagnerot : luxuriance et sources salées
- 9. Chemin des charbonniers : sur les pas des anciens métiers forestiers
- 10. L’itinéraire du Bois du Prince et de la Roche du Renard
- Tableau récapitulatif des dix balades et de leurs spécificités
- Ressources pour préparer et approfondir ses balades
- Pour marcher autrement : une invitation à la lenteur et à la rencontre
1. La Grande Forêt de Bains-les-Bains : immersion entre hêtraies et sources
Parcourir la Grande Forêt de Bains-les-Bains, c’est entrer dans un « temple vert » typique de la Vôge. Les hêtraies majestueuses laissent filtrer une lumière douce, tandis que le sous-bois bruisse de vie. Plusieurs itinéraires balisés partent de la station thermale ou du hameau de Trémonzey (circuit de la « Fontaine des Fées », env. 7 km). Source, anciennes sagnes (zones humides tourbeuses), croix de chemin, vestiges de la « route des prêtres » : chaque détour raconte un pan méconnu de l’histoire locale (source : ONF, topo-guide Club Vosgien). Ce secteur abrite par ailleurs d’anciens sites d’exploitation de « charbonnières », dont on observe encore les meules, traces d’une activité intense jusqu’au 19e siècle.
2. Les étangs de la Comtesse et du Coucou
Direction Fontenoy-le-Château, à quelques minutes de Bains-les-Bains, pour une boucle familiale (5 km environ) reliant l’étang du Coucou à l’étang de la Comtesse. L’itinéraire sillonne sous de vieux chênes et frênes, croise le ruisseau vivant de la Vôge et longe des rives paisibles. Reflets sur les eaux, chants des grenouilles, traces de castors sur les arbres : tout invite à ralentir. D’avril à juin, l’explosion de la flore d’étang est spectaculaire : iris jaunes, massettes, reines-des-prés. De petits abris d’observation jalonnent le parcours et permettent d’admirer sans déranger la faune (source : LPO Vosges).
3. Le Bois des Bouchaux : voyage dans la sylviculture traditionnelle
Au nord de La Vôge-les-Bains, le Bois des Bouchaux déploie ses futaies d’âge inégal dans un enchevêtrement de sentiers peu fréquentés. Ce massif est un lieu d’apprentissage pour les jeunes naturalistes et forestiers grâce à un sentier d’interprétation accessible (circuit de 6 km depuis Harsault). Panneaux pédagogiques, observation de lichens et mousses, petits ruisseaux qui abreuvent une riche faune… Ici, l’évolution de la gestion sylvicole se donne à lire dans la diversité des peuplements, alternant coupes d’éclaircie et vieilles parcelles non exploitées.
4. Entre Agencement humain et sauvage : la forêt domaniale de la Vôge
Les vastes parcelles de forêt domaniale qui ceinturent Bains-les-Bains – près de 3270 hectares selon l’ONF – racontent un équilibre subtil entre exploitation raisonnée et espaces laissés à la spontanéité. Un sentier phare part du village de Hautmougey et propose un circuit de 13 km, recommandable aux marcheurs un peu entraînés. On y découvre les vestiges de « tuileries » forestières (anciennes exploitations de tuiles pour la couverture), ainsi que la célèbre « Pierre aux Douze Apôtres », roche marquée de croix antiques, témoin de pratiques anciennes et probablement de croyances populaires (source : Office National des Forêts).
5. Les mystères de la Chaudeau et du ruisseau des Fées
À l’est de Bains-les-Bains, la vallée de la Chaudeau serpente en formant de petits labyrinthes naturels, où se love le discret « ruisseau des Fées ». Réputé pour ses sulfures et autrefois fréquenté par les lavandières du village, c’est un parcours de moins de 5 km, ombragé, ponctué de ponts de bois et d’anciens lieux de lessive. La légende locale veut que l’on croise la trace des fées à la tombée du jour, lorsque la brume effleure la mousse des pierres. Les botanistes amateurs noteront ici la présence de belladone, de ciguë, et de fougères rares signalées par la Société Botanique de Vôge.
6. Promenade bucolique au bois de la Fave avec vue sur les Hautes-Vôges
Le Bois de la Fave, à mi-hauteur entre Bains-les-Bains et le hameau de Serécourt, épouse les contours vallonnés du territoire. Un parcours de 10 km en boucle permet, par temps clair, de distinguer les lointains sommets vosgiens. Cet itinéraire est propice au repérage de la faune : chevreuils, écureuils roux, martres et une grande diversité d’oiseaux nicheurs (pic noir, geai des chênes). Les anciens vergers forestiers ponctuent également le sentier, vestiges d'une culture rurale aujourd'hui patrimoniale (voir l’inventaire participatif de l’association Vergers de la Vôge).
7. Autour de l’abbaye de Droiteval : forêt sacrée et vestiges médiévaux
L’abbaye cistercienne de Droiteval n’est jamais loin des murmures de la forêt : depuis ce lieu chargé d’histoire, un sentier historique de 8 km conduit à travers des allées bordées de résineux séculaires. L’itinéraire suit en partie les anciens chemins empruntés par les moines pour aller exploiter le bois, aujourd’hui ponctués de bornes, de murs anciens et de restes de granges monastiques. À mi-parcours, une halte à la « fontaine miraculeuse » rappelle l’importance, ici, des eaux et croyances.
8. Le vallon du Bagnerot : luxuriance et sources salées
Au sud-ouest de Bains-les-Bains, le vallon du Bagnerot offre un autre visage de la Vôge forestière : une forêt humide, marquée de landes à bruyères, de saulaies et d’anciennes sources salées (qui expliquent le nom du Bagnerot, du latin « balneum », bain). Ce sentier, balisé sur 4 km, est particulièrement apprécié au printemps pour sa profusion d’orchidées sauvages et en automne pour la féerie des couleurs. Un panneau mémoriel rappelle le souvenir des anciens « porteurs d’eau » qui collectaient et transportaient l’eau minérale pour la station thermale de Bains-les-Bains (d’après les archives de la Mairie de La Vôge-les-Bains).
9. Chemin des charbonniers : sur les pas des anciens métiers forestiers
Près de La Chapelle-aux-Bois, un itinéraire de 9 km baptisé chemin des charbonniers croise les traces d’un savoir-faire aujourd’hui disparu : l’art du charbon de bois. L’on y découvre d’anciens « bûchers », des fosses à charbon, mais aussi une étonnante diversité de champignons et de mousses propres à ce biotope spécifique. Des panneaux d’information présentent la technique ancestrale de la combustion lente, essentielle à la métallurgie et à la verrerie avant la généralisation du charbon de terre (cf. ouvrage Charbonniers en Vôge, édition Terre Locale, 2018).
10. L’itinéraire du Bois du Prince et de la Roche du Renard
En limite orientale du territoire, le Bois du Prince, près de La Haye, propose un circuit sportif de 12 à 15 km selon les variantes. Le sentier grimpe jusqu’à la Roche du Renard, gros bloc gréseux surplombant la vallée et servant autrefois de repère aux voyageurs et pâtre locaux. Le point de vue y est saisissant, révélant toute la géographie de la Vôge, des haies bocagères aux collines boisées. C’est aussi un site préservé où l’on trouve plusieurs espèces protégées de chauves-souris (source : Parc naturel régional des Ballons des Vosges).
Tableau récapitulatif des dix balades et de leurs spécificités
Pour mieux choisir son itinéraire, ce tableau synthétise les principales caractéristiques de chaque balade : distance approximative, niveau de difficulté, et centres d’intérêt majeurs.
| Nom de la balade | Distance | Difficulté | Points forts |
|---|---|---|---|
| Grande Forêt de Bains-les-Bains | 7 km | Facile | Hêtraies, sources, charbonnières |
| Étangs de la Comtesse et du Coucou | 5 km | Très facile | Étangs, faune humide, flore d’étang |
| Bois des Bouchaux | 6 km | Facile | Sentier pédagogique, diversité forestière |
| Forêt domaniale de la Vôge | 13 km | Moyenne | Pierre aux Douze Apôtres, tuileries |
| Vallée de la Chaudeau | 5 km | Facile | Ruisseau, légendes, plantes rares |
| Bois de la Fave | 10 km | Moyenne | Paysages ouverts, observation faune |
| Abbaye de Droiteval | 8 km | Facile | Histoire, forêt monastique, fontaine |
| Vallon du Bagnerot | 4 km | Très facile | Sources, orchidées, histoire thermale |
| Chemin des charbonniers | 9 km | Moyenne | Métiers anciens, biodiversité fongique |
| Bois du Prince et Roche du Renard | 12-15 km | Difficile | Panorama, roches, chauves-souris |
Ressources pour préparer et approfondir ses balades
- Les sentiers signalés ici sont balisés ou renseignés dans les topo-guides Club Vosgien (édition 2022), consultables à la médiathèque ou à l’office de tourisme de La Vôge-les-Bains.
- L’Office National des Forêts propose des fiches descriptives et conseils sur la faune/flore à observer (disponibles sur place ou en ligne : onf.fr/vosges).
- Pour les passionnés de botanique et d'ethnobotanique, l’association Vergers de la Vôge et la Société Botanique de Vôge organisent régulièrement des sorties thématiques (calendrier sur leurs sites respectifs).
- L’association Terre Locale publie des recueils d’histoires et de témoignages sur les anciens métiers forestiers (voir l’ouvrage cité).
Pour marcher autrement : une invitation à la lenteur et à la rencontre
Les forêts de la Vôge offrent bien plus qu’un simple décor de promenade : elles sont le livre ouvert d’un territoire où nature, mémoire et usages quotidiens se répondent. Que l’on marche à petits pas sous les hêtriers centenaires, que l’on suive le fil d’un ruisseau ou que l’on s’attarde au seuil d’une clairière, chaque itinéraire porte des histoires – celles qui ont remué la terre, qui s’inscrivent dans les arbres et qui se devinent encore dans le murmure du vent.
Parcourir ces sentiers, c’est aussi renouer avec un paysage rural résilient, héritier d’une gestion attentive et d’un patrimoine vécu. Les balades présentées ici ne sont jamais tout à fait les mêmes d’une saison à l’autre — il suffit parfois d’un reflet, d’une odeur humifère ou du vol d’une huppe pour renouveler le regard, et, qui sait, provoquer la rencontre inattendue d’un ancien racontant la forêt autrement.